Bursite de la patte d’oie versus lésion méniscale interne du genou

La bursite de la patte d’oie correspond à l’inflammation de la bourse ansérine, un espace virtuel situé sur la face interne du genou, entre le ligament collatéral médial du genou et l’insertion des tendons de la patte d’oie sur le tibia. Cet espace peut parfois se remplir de liquide inflammatoire lorsqu’une tendinite des tendons de la patte d’oie apparait. 

D’un point de vue purement biomécanique, toute action entrainant une surcharge du compartiment interne du genou pourrait engendrer une sollicitation excessive des tendons de la patte d’oie. Par exemple, une éversion excessive de la cheville, un valgus du genou ou encore une faiblesse des stabilisateurs du genou tels que les muscles Moyen Fessier, Grand Fessier et Tenseur du Fascia Lata. Tout surpoids a également pour conséquence une augmentation du bras de levier sur le genou transmis par les hanches. 

La bursite de la patte d’oie reste une pathologie rare et son diagnostic doit être porté par élimination. Celui-ci ne doit pas cacher un autre diagnostic bien plus courant, qu’est la lésion méniscale interne dégénérative, et son « pendant » cartilagineux, la chondropathie fémoro-tibiale interne débutante ou arthrose de bas grade. Ces derniers ne peuvent être révélés que par la réalisation du duo d’examens, radiographies en charge et IRM du genou. 

L’échographie, qui est l’examen de référence diagnostique de la tendino-bursite, et a fortiori, de la bursite de la patte d’oie, peut être très informative en première intention dans les mains d’un opérateur aguerri. Mais elle ne demeure en aucun cas suffisante dans le cadre du diagnostic de la pathologie articulaire ou ab-articulaire du genou.

Certaines notions biomécaniques sont parfois empruntées à l’excès dans le but d’expliquer un syndrome douloureux interne du genou. Cette démarche peut aboutir à une erreur ou un retard diagnostique et par conséquent, une aggravation lésionnelle. 

En résumé, l’analyse d’un syndrome douloureux régional interne du genou doit être prudente : un examen clinique soigneux du compartiment articulaire interne ne doit pas être oublié ou effacé par un point d’appel a priori tendineux. A titre systématique, une radiographie en charge et une IRM du genou seront envisagées en cas de persistance douloureuse après la mise en place d’un traitement symptomatique et d’une période d’arrêt des sports à risque d’une dizaine de jours.